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Dorénavant

L'OR. Le métal le plus noble, celui qui fut et qui restera encore longtemps le plus convoité.

Il est associé au soleil, à la lumière, au faste, à la fête, au développement. Mais il représente aussi l'avoir et l'argent, qui est le nerf de la guerre ... une source de violence, d’appauvrissement des peuples, de convoitises honteuses, une arme aux mains de diverses puissances pour aliéner la planète.

L'or est une des causes de nos divisions et de nos pertes de repères humains.

J'ai peint trente toiles qui évoquent ces réalités. Devant j'y ai placé une vraie chaise d'enfant.

Voilà le spectacle que nous laissons aux générations suivantes et cette chaise dorée est "l'objet" vers lequel diriger nos investissements futurs: l'avenir de nos enfants et le sens à donner à leur vie.

L'élan pour un monde meilleur existe, il se précise, et la conscience citoyenne se réveille.

"Dorénavant", donnons-nous les possibilités de voir l'or ailleurs et de l'employer autrement. Nettoyons la planète de ses mille pollutions et n'ayons de cesse que de ramener l’humain au centre de nos préoccupations. Désamorçons le fanatisme en éduquant les esprits, les coeurs, les comportements, pour la reconstruction d'un monde plus respectueux … Et ce, avant que le piège que nous avons fabriqué de toutes pièces, ne se referme définitivement sur nos enfants.

Août 2016

 

Les regards de MH
Marie-Hélène vander Eecken expose, du 10 au 17 mars 2013. Vous avez une semaine pour pousser la porte des Ecuries de la Maison Haute à Boitsfort (place Gilson, 3). Samedi, au vernissage, j’ai découvert en vrai les images d’une poseuse d’énigmes : MH peint sans complaisance, ses images nous posent des questions et s’attaquent avec un humour féroce aux évidences.
Dès l’escalier qui mène à la salle d’exposition sous le toit, de drôles de bêtes : "Le chien linguistique" arbore un piercing à la langue, il a vraiment du chien. Les animaux cohabitent avec les humains dans cette exposition, mais ne vous attendez pas à de la peinture animalière. Le canard de "Marche blanche" se remonte avec une clé ! Autruche, coq ou cheval, ce sont avant tout des têtes, un œil : MH peint le regard et on ne peut s’empêcher de frissonner un peu. Qui regarde, qui est regardé ?
« C’est le regardeur qui fait le tableau », une toile le dit textuellement, c’est une des « clés » proposées par l’artiste. Les mots ont une place dans son univers, les formules de MH font mouche. Mais avant de nous confronter aux insectes, regardons ce bel ensemble de quatre toiles : "Apparition unique d'un lointain, si proche soit-il " (2012). Troncs et branches dénudés tendent vers le haut leurs lignes graphiques, cela m’a fait penser aux arbres de Spilliaert dans ses dernières années. Ici, leur noirceur d’encre de Chine conduit l’œil plus loin, jusqu’à la douceur d’un ciel où la lumière se délaye en bandes nuageuses où bleus, gris et roses sont d’une délicatesse rare à l’acrylique.
Une femme en robe rouge ("Hurlevent") serre les poings et sa bouche crie dans un sourire, voilà qui donne le ton. Rouge aussi, rouge sang, le "Bouton de rose" verse une larme. La douleur s’invite au cœur de la beauté. Cette toile est accrochée près de"La forme", où un cœur pousse en pot. Rouge, le voile qui enveloppe complètement la tête, fait partie d’un ensemble avec "Langue", où une partie du visage apparaît, un papillon posé sur la langue.
Les papillons ! Il y en a beaucoup dans l’univers de cette peintre, en série ou en solo. Papillons gris, papillons de nuit, papillons morts aux ailes plus ou moins déchirées, aux antennes mutilées. Ils sont les rois d’une entomologiste qui fait à ses visiteurs une proposition honnête, à côté d’une trentaine d’insectes en gros plan sur fond gris bleu : « Pour cinquante euros, payez-vous un petit cafard et gagnez un bout de survie. »
Mais le papillon qui m’a le plus subjuguée, au bout d’un mur où cette toile respire seule, c’est celui de " I Like Butterflies and Butterflies Like Me" : une toile claire, deux personnages en gris sombre – un combat ? A l’avant, un papillon est posé sur le sol, frémissant dans une lumière si forte que son ombre (pas d’ombre sur les autres toiles exposées, il me semble) s’étire sur la droite. En face de lui, quelqu’un s’est enveloppé de tissu sombre, de la tête aux pieds, et de cette forme dont on ne sait si elle exprime la peur ou la menace émerge une canne brandie contre l’insecte : pour s’en défendre ? pour l’écraser ? Mystère. Impression puissante.
A vous de découvrir cette exposition pleine de surprises, loin du convenu et du mièvre. MH y joue avec les mots – "Nos rêves les plus flous" – et elle les écrit ou les peint parfois. La fusée de Tintin se pose sur une toile où se répète à l’infini la phrase : "But The Struggle Is Not Yet Over ".
Parmi les éléments d’un imaginaire où l’étrange s’invite dans ce qu’il y a de plus quotidien, MH accorde une grande place à la figure humaine. Inspirée par la Dame de Brassempouy, elle en a multiplié le visage – pour elle, plutôt le visage d’un guerrier sous sa coiffe que d’une femme – sur une grande toile très forte intitulée "Expériences". Ses représentations de femmes ou de fillettes sont empreintes de violence. Mais la palette des diverses émotions humaines se livre dans "Je tu il" : neuf visages d’hommes, ouverts ou fermés, du sourire aux larmes, regards échangés ou masqués. Les regards sont le « terrain d’exploration » de MH. Allez-y voir.

 

Anita Hubert, mars 2013
textespretextes.blogs.lalibre.be

 

About M-H
Une expérience

"Comme vous, je suis une habitante de passage sur la planète Terre.

Ce qui se passe sur cette Terre est complexe. Heureusement, notre cerveau humain nous offre une triple compétence pour l'appréhender : l'imagination, la perception et l'appropriation. Souvent ces trois manières s'entrecroisent et parfois convergent. Mon terrain d'étude est le chemin que prend leur rapprochement ou leur mise à distance.

Je n'ai aucune prise sur ce chemin, je me contente de le suivre, avec application, pour pouvoir vous le raconter.

Puisque le visuel semble être le moyen de communication le plus percutant actuellement et que le figuratif m'inspire, j'utilise les photos, les films et les documents que j'ai sous la main. Mais au milieu de ce flot d'images qui m'inonde, "choisir" est un vrai défi.

Afin d'orienter mes choix, je me laisse guider par l'intuition et par les rêves, et aussi par une capacité d'accéder à l'étrange à travers l'actualité.

Une fois que les images sont choisies, elles se travaillent seules ou en concordance avec d'autres, sur une toile, à l'aide de pinceaux et de tubes de couleurs. Au fil de la peinture, il arrive qu'elles amènent à la synthèse des trois univers (l'imaginé, le perçu et le vécu) et elles deviennent alors comme le tissu du vêtement à confectionner, les ingrédients du mets à préparer, le prétexte à sourire, la pensée à chasser ou l'écrit à transcrire.

Ainsi, quand je peins, je ne parle pas en votre nom ni en mon nom propre... je cherche simplement à vous faire part d'une expérience.

Cette démarche se fait dans un dialogue permanent avec les hasards de la vie. Elle se déploie sans logique séquentielle, sans unité formelle et sans empressement mais avec persistance.

C'est vous qui jugez si le résultat sur la toile est artistique ou ne l'est pas. Cependant, il ne fait aucun doute que l'expérience l'est."

Marie-Hélène vander Eecken

(1955-2055)